Premier-secours Renault OSC 1935

Le PS Renault vient de trouver sa nouvelle place dans le musée des Sapeurs-pompiers de Loire-Atlantique:

Arrivée de notre fourgeon dans la cour du centre de secours:

Les camions légers Renault OSC, produits entre 1934 et 1937, incarnent une avancée majeure dans l’histoire des véhicules de secours en France. Conçus pour répondre aux besoins spécifiques des sapeurs-pompiers, ces camions se distinguent par leur fiabilité, leur polyvalence et leur esthétique fonctionnel.
C’est le 4 avril 1935 que le service des mines délivre le procès-verbal de réception du  châssis Renault OSC pouvant recevoir différents types de carrosseries et pompes, lui permettant ainsi une utilisation variée pour tous les usages municipaux ; arroseuse, balayeuse, ambulance ou premier-secours autopompe.
Ce dernier est équipé d’un moteur 4 cylindres à essence de 2 120 cm³, délivrant une puissance 43 chevaux, suffisante pour atteindre une vitesse maximale de 70 km/h. Sa robustesse et sa maniabilité en faisaient un choix idéal pour naviguer sur les routes souvent difficiles des années 1930.
Le châssis renforcé pouvait supporter une charge utile de 1200kg, permettant de transporter une équipe de 7 pompiers, une pompe, et divers équipements d’intervention. Certaines versions étaient équipées d’une cabine ouverte, torpédo.

La production du Renault OSC s'est étalée sur une période relativement courte, de 1934 à 1937. Environ 500 exemplaires de tous types ont été produits, dont des autopompes qui furent affectés dans les corps municipaux. Dans le catalogue Renault des matériels municipaux de 1936, le prix pour un 43 CV de 7 places, était de 47 000 francs. Des innovations adaptées à leur époque
Le Renault OSC était équipé de :

- D’une pompe intégrée au véhicule d’un débit de 30 à 70 m3/h.
- D’un réservoir d’eau de 400 litres d’eau, utilisé principalement pour amorcer la pompe.
- De rangements optimisés pour les tuyaux, les lances et le matériel.
- D’un dévidoir de tuyaux de 70 mm, intégré dans la carrosserie à l’arrière du véhicule.


C’est ce premiers-secours OSC Torpédo que la commune de Choisy le Roi décide d’acquérir en 1935 pour équiper la caserne de ses pompiers municipaux, et ce tout juste quelques années avant que le département ne soit rattaché au Régiment de Sapeurs-pompiers de Paris. Ce véhicule restera en service jusqu’en 1952 où il sera remplacé par un engin plus moderne.
Alors qu’il aurait déjà pu partir à la ferraille car techniquement dépassé, il va néanmoins entamer une seconde carrière chez des pompiers communaux, qui eux ne disposent souvent que de matériel plus ancien. C’est donc la petite commune de Saint-Etienne-de-Mer-Morte, en Loire-Atlantique, qui en fait l’acquisition, après avoir voté son achat de 387 877 francs, en séance de conseil municipal du 5 juillet 1953. Cette somme, très importante pour l’époque, sera approuvée le 18 août 1853 par le préfet, car ce sera le premier engin polyvalent du bourg et une étape majeur pour la sécurité des habitants permettant de réaliser rapidement sauvetages et extinctions. L’OSC Renault restera en service jusqu’en 1975.


A nouveau, il est sauvé de la ferraille et se retrouve en 1980 chez un collectionneur privé. C’est auprès de celui-ci que notre musée a pu l’acquérir, pour la somme de 20000€ (+ environ 3500€ de frais de rapatriement, d'essence et de carte grise) après le lancement d’une campagne de financement participatif ayant rapporté 7635€.
Son propriétaire l’a fait participer à divers défilés de véhicules anciens, comme à Périgueux en 2012.

Un patrimoine rare à préserver
Après les événements de la Seconde Guerre mondiale, très peu de ces véhicules ont survécu jusqu’à aujourd’hui. À ce jour, seuls cinq exemplaires d’autopompes connus subsistent: au musée des SP de Fontainebleau, au musée des SP de Lyon, dans les musées de Jonzac et de la Couëre et celui-ci ayant servi à Saint-Étienne-de-Mer-Morte.

Le Renault OSC de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, aujourd’hui parfaitement restauré dans les règles de l’art, est l’un des derniers témoins de cette série emblématique. Sa préservation au sein du musée des sapeurs-pompiers de Loire-Atlantique permettra de raconter cette histoire unique et d’honorer le courage et l’innovation des corps de sapeurs-pompiers, de l’époque.